jeudi 6 juillet 2017

La Compagnie des Menteurs - Karen Maitland


Karen Maitland est une autrice contemporaine anglaise, spécialisée dans les romans historiques se déroulant au Moyen Age, avec une trame policière/thriller. La compagnie des menteurs date de 2008, sorti en France en 2010.

Je ne connaissais pas du tout Karen Maitland, c'est a-little-bit-dramatic qui me l'a fait découvrir par l'intermédiaire de son club de lecture dont c'était la 1er session. Le thème était "brumes angoissantes sur l'Angleterre médiévale". Beau programme ^^
C'était une bonne occasion de découvrir un nouvel auteur et d'autant plus que j'adore les romans historiques et je n'en avais pas lu depuis un moment.

Il s'agit d'un beau pavé de 660 pages et je savais que certains y ont trouvé des longueurs, mais je l'ai entamé plutôt optimiste.
Je ne vous mettrai pas la 4e de couverture car je trouve qu'elle en dévoile trop, en effet l'un des évènements annoncés n'arrive qu'à la moitié du livre.

Nous sommes en Angleterre en 1348, et une épidémie de peste arrive, une terrible et meurtrière épidémie qui se répand comme une trainée de poudre.
Le récit est à la première personne et le narrateur est un vendeur ambulant, d'ailleurs il sera nommé Camelot tout au long de l'histoire. Sans point d'attache, il décide d'avancer vers le nord, pour fuir les côtes d'où l'épidémie est arrivée par les ports. Bientôt un petit groupe disparate se forme autour de lui pour voyager. Ils seront 9, malgré eux et ils devront cohabiter, s'entraider, survivre (ou pas) mais aussi garder leurs secrets bien cachés.
  
Parlons d'abord du contexte historique, c'est le gros point positif pour moi, j'ai beaucoup aimé l'ambiance et être plongée dans cette époque. Comprendre le quotidien des gens dans des conditions extrêmes liées à la peste était passionnant et effrayant.
J'avais déjà entendu parler de cette grande épidémie de peste concernant la France, je ne le savais pas pour l'Angleterre, mais c'est assez logique qu'elle n'ait pas été épargnée.
J'ai trouvé ce contexte très intéressant, l'histoire aurait perdu en intensité sans cela. J'imagine qu'une autre situation aurait pu amener le même genre de tension, mais finalement ce sujet apporte un thème orignal, car par exemple un contexte de guerre aurait été beaucoup plus commun dans un récit se déroulant au Moyen Age.

L'intrigue évolue autour d'un groupe de 9 personnes ne se connaissant pas avant pour la plupart et ayant tous un secret à cacher. Les masques tomberont au fur et à mesure, certaines révélations se devinent vite d'autres m'ont laissée abasourdie, mais chut je ne dirai rien de plus.

Autour du narrateur, nous avons Rodrigo, un musicien et son apprenti qui ont dû quitter le seigneur pour lequel ils travaillaient et se retrouvent sur les routes, un jeune couple dont la femme est enceinte, ce qui évidemment complique grandement leur situation, une femme avec de grandes connaissances en herboristerie, un conteur mutilé qui a une aile de cygne a la place de l'un de ses bras, d'où son surnom de cygnus, Zophiel le magicien, personnage des plus antipathiques et Narigorm, une enfant mystérieuse qui a le don de lire les runes.
J'ai aimé ces personnages, même les plus antipathiques comme Zophiel, ils sont très humains et bien construits.
J'ai une petite préférence pour Rodrigo le musicien venu d'Italie. J'avoue je ne sais pas trop quoi penser de Narigorm, elle suscite beaucoup de questions.

Le roman baigne dans une ambiance de peur, liée à la peste bien sur, mais aussi de superstitions. L'omniprésence de la question religieuse et la façon dont l'Eglise garde la mainmise sur les gens par la peur est éloquente.

Il y a également un aspect un peu fantastique, même si on reste à la frontière. Durant la plus grande partie du récit cela ne m'a pas dérangée du tout, car nous sommes plus dans le domaine des superstitions que du pure fantastique.
Cependant des choses sont troublantes notamment avec les runes de Narigorm.

Voici en tout cas un roman que j'ai énormément apprécié pour son contexte historique, son ambiance et ses personnages. J'ai néanmoins trouvé des longueurs. Pour ceux qui ont lu la 4e de couverture, un évènement est attendu qui tarde à arriver, puis dans la seconde moitié du livre j'ai trouvé ça un peu long.
Et je ne m’attarderai pas sur la fin, pour ne pas spoiler, mais quelle fin !

Je pense lire d'autres oeuvres de Karen Maitland à l'occasion.

2 commentaires:

  1. Contente de voir que cette lecture t'a plu et, dans l'ensemble, je suis d'accord avec toi. La façon dont Karen Maitland voit le Moyen Âge est plausible et assez révélatrice : je crois que, sans être historienne (du moins, je ne le pense pas ?), l'auteure a su saisir toutes les subtilités et complexités de l'époque ! Elle parvient toujours à imaginer des ambiances glauques et sordides, qui font frissonner mais qui, en même temps, accrochent notre intérêt ! Eh oui, au fond, nous aimons bien nous faire peur... ^^
    Je ne peux que te conseiller de lire Les Âges Sombres, qui est le premier de l'auteure que j'ai lu, l'an dernier et il m'avait fait forte impression ! C'est différent, mais un climat de tension et de peur s'installe rapidement, comme dans La Compagnie des Menteurs. J'avais passé un très bon moment et ma lecture de La Compagnie des Menteurs s'est avérée convaincante aussi ! ! ;)

    Une très bonne première, pour le Club de Lecture et j'ai été ravie de te compter parmi les participants. ;)

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  2. Je lirai les âges sombres, l'intrigue me tente beaucoup. Et cette vision du Moyen Age est effectivement intéressante et prenante, en plus elle me parait très réaliste.

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