lundi 27 février 2017

Sanditon - Jane Austen et Marie Dobbs


A sa mort en 1817, Jane Austen laissait un livre inachevé, il s'agit de Sanditon. Marie Dobbs, auteure contemporaine a entrepris de donner une fin à ce roman.

L'histoire se déroule à Sanditon, village prêt de la côte où vivent les Parker qui ambitionnent d'en faire la station balnéaire à mode. Pour cela ils sont associés avec lady Denham une veuve tyrannique mais courtisée par ses neveux et nièces, issus de deux mariages et attirés par son héritage.
Cet été là, les Parker reçoivent la jeune Charlotte, et malgré les apparences toujours convenables imposées par le carcan social de l'époque, les intrigues amoureuses et chasses au meilleur parti vont bon train.
Charlotte de nature posée et raisonnable, aura fort à faire avec Sidney Parker à la personnalité complexe.

Jane Austen n'a réellement écrit que 11 chapitres de Sanditon, environ une cinquantaine de pages. Ce début est vraiment délicieux à lire, c'est léger, plein d'humour, de charme et de dérision.
J'ai bien senti le changement d'auteur, malheureusement n'est pas Jane Austen qui veut. J'ai trouvé quelques longueurs et le charme opère moins.
Mais j'ai quand même beaucoup apprécié cette lecture où on suit les péripéties d'un petit groupe de jeunes gens qui passent leur été à Sanditon.
Charlotte, l'héroïne m'a bien plu, elle a du caractère et met la raison au dessus de tout, mais quand elle commence à éprouver des sentiments pour Sidney, la voici perdue.
Sidney est très perspicace, sur de lui et manipulateur mais malgré tout charmant.
Les autres personnages apportent de l'humour car beaucoup sont tournés en dérision.
Même si l'intrigue apporte peu de suspens, elle est plutôt agréable à suivre et j'ai passé un bon moment de lecture. Par contre il y a à la fin un évènement que j'ai trouvé un peu tiré par les cheveux.

Sanditon est plutôt un bon roman, mais il est vraiment frustrant de se dire que sous la plume de Jane Austen, cela aurait eu une toute autre ampleur.
Il existe une autre version, achevée par Juliette Shapiro, mais elle semble nettement moins faire l'unanimité que celle-ci.

Cette lecture compte pour mon challenge ABC et mon challenge des 12 thèmes.

jeudi 16 février 2017

Une sacrée mamie de Yoshichi Shimada et Saburô Ishikawa


Une sacrée mamie est un manga, publié au Japon à partir de 2010.
L'auteur Yoshichi Shimada est un acteur et humoriste japonais, il a raconté ses mémoires d'enfance dans un roman et il est ici adapté et mis en image par Saburô Ishikawa.
La série est terminée et compte 11 tomes tous traduits en France par les éditions Delcourt.

Dans les années 50, Akihiro vit avec sa maman et son grand frère à Hiroshima, mais la vie est rude et l'argent manque. Akihiro est donc confié à sa grand mère à Saga un village de campagne. Le changement est rude, mais sa grand mère a vraiment une personnalité hors norme, pleine d'énergie, de bon sens et d'optimisme, Akihiro va apprendre à apprécier cette vie ou la pauvreté n'est pas une fatalité et la débrouillardise le maître mot.
Durant les 11 tomes, ce sont des tranches de vie, le quotidien, la vie simple, la nature, les amitiés, l'entraide.

Je n'avais plus lu de manga depuis une éternité et je ne savais pas du tout par quoi recommencer j'ai découvert ce titre par hasard à la bibliothèque et j'en suis ravie car ca a été un énorme coup de coeur.
J'ai enchaîné les 11 tomes et j'étais vraiment triste de quitter Saga et ses habitants.

Un manga tout simple du quotidien, ancré dans cette vie rurale des années 50. Tout y est si authentique c'est vraiment touchant.
Les personnages sont hypers attachants et il y a beaucoup d'humour, de belles valeurs sans jamais être mièvre.
Je le classe dans la catégorie des manga doudou qui mettent du baume au coeur.


vendredi 10 février 2017

Comme une feuille de thé à Shikoku - Marie-Edith Laval


« Comme une feuille de thé, j'ai progressivement infusé sur ce chemin du bout du monde. Je me suis immergée dans la réalité de cette terre bordée d'eau et m'en suis laissé imprégner. L'heure est venue de remonter à la surface pour exhaler la subtilité des saveurs de cette expérience singulière et en déguster les arômes. »

Marie-Édith Laval est orthophoniste et passionnée de marche et de voyage. Ayant réalisé le pèlerinage de Compostelle, elle entend parler de celui de Shikoku au Japon, un pèlerinage de 1200 km à pieds, au travers de 88 temples, sur les traces du moine Kukai, figure du bouddhisme très connu au Japon.

Marie-Edith se sent à l’étroit dans sa vie et son quotidien lui pèse. Après Compostelle, elle décide de relever le défi de Shikoku et ce livre est son journal de bord.
Il est sorti en livre de poche l'année dernière et Je l'ai découvert par hasard dans les rayons de la librairie où son titre et son sujet m'ont tout de suite attirée.

Ce livre est tout d'abord un journal de voyage, on suit l'auteur dans son pèlerinage qu'elle effectue intégralement à pied, il lui faudra 2 mois pour l'achever.
Elle nous décrit son quotidien, ses rencontres...
Un autre aspect de ce livre est sa découverte du Japon, ce mode de voyage bien éloigné du tourisme de masse permet un vrai contact avec les gens et une vraie immersion dans ce pays, à la découverte de la culture et du mode de vie des japonais dont elle ignorait tout.

Il est également beaucoup question de spiritualité. Elle reviendra véritablement transformée de ce voyage, une vraie évolution personnelle, un voyage également en soi pour aller vers plus de bonheur.
Une quête spirituelle qu'elle partage avec nous.

J'ai beaucoup aimé lire ce livre, le style est très agréable à lire et très fluide, il aborde en plus 2 thèmes qui me sont chers, le Japon et la spiritualité.
C'est une belle aventure et j'ai apprécié de suivre Marie-Edith au jour le jour sur le chemin de Shikoku.

Ce voyage au rythme des pas de l'auteur nous invite à l'introspection, mais aussi à l'ouverture au autres, en effet l'un des leitmotiv du livre est ce lien entre les êtres humains : nous sommes tous reliés.
Optimisme, dépassement de soi, partage, voilà les belles valeurs que j'ai trouvées dans ce livre.