jeudi 11 mai 2017

Mrs Dalloway - Virginia Woolf

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de classique (même si celui-ci est récent). Je ne sais même plus comment ce roman est arrivé dans ma PAL. L'envie surement de découvrir cette autrice anglaise réputée, une grande femme de lettre, féministe et bisexuelle assumée, mais souffrant de troubles psychologiques qui l'ont poussée au suicide à l'âge de 59 ans.
Cette biographie suffit à susciter l'intérêt en ce qui me concerne.

Ce roman paru en 1925, nous plonge dans le Londres de l'après guerre et nous allons suivre la journée d'une femme, Clarissa Dalloway, qui prépare une réception mondaine qui aura lieu le soir même chez elle.
Au cours de cette journée, elle verra ressurgir Peter Walsh son ancien fiancé, qu'elle avait finalement quitté pour épouser Richard Dalloway.

Parler de ce livre ne sera pas forcément chose aisée, c'est le genre de livre qui ne me parait pas si simple à aborder, qui contient une profondeur qui peut nous dépasser par moment. Je l'ai lu par petite touche afin d'en saisir l'ampleur, je n'aurais jamais pu le lire d'une traite, même s'il n'est pas si long que ça.

Le roman se déroule sur une seule journée, à Londres. Nous sommes dans l'après guerre et le thème est évoqué à travers l'un des personnages, Septimus Warren Smith, jeune soldat souffrant d'un stress post-traumatique que lui fait perdre la raison.
La façon dont est géré la prise en charge psychologique des personnes dans son cas (ou plutôt la non prise en charge devrait-on dire) est édifiante.

L'approche de Virginia Woolf est vraiment originale car il n'y a pas d'action, seulement le monologue intérieur des différents protagonistes, on passe de l'un à l'autre au fil de leur rencontre. L'autrice revendique cette approche.
Le récit navigue ainsi suivant les pensées des personnages, nous donnant à voir chacun dans ses réflexions les plus intimes, mais aussi plus triviales, passant parfois de l'un à l'autre sans transition, mais l'esprit humain fonctionne réellement ainsi, n'est ce pas ?
Je l'avoue cela est assez déroutant, mais après un temps d'adaptation, on en perçoit la poésie (une impression fugace peut donner lieu à mille réflexions et digressions) et bien sur la grande richesse psychologique, c'est bien l'âme humaine qui est mise à nue.

On est spectateur de l'immense décalage entre la réalité, notre propre interprétation et celle des autres. Comment espérer pouvoir se comprendre ?
Ainsi Clarissa s'investit dans la préparation de sa réception mondaine, c'est pour elle son rôle, son personnage public, mais qu'en est-il de Clarissa en dehors de cela ? On sent une grande solitude intérieure.

Le thème du suicide est évoqué. Quand on ne peut plus continuer à avancer dans cette société londonienne, un peu figée, est-ce la solution ? Ou bien faut-il tenir son personnage public contre vents et marée, même si cela a peu de sens ?
Voici les réflexions que m'ont inspiré ce roman d'une rare profondeur.

Je vous le recommande vraiment en tout cas, mais il faut savoir prendre le temps de le découvrir.

Cette lecture compte pour le challenge des 12 thèmes, avec un peu de retard car c'est le thème d'avril qui était de lire un classique. Au départ je pensais lire du Balzac, mais impossible de remettre la main sur mon édition de Eugénie Grandet, comme j'ai commencé à mettre mes livres en carton pour notre futur déménagement, il a du atterrir dans l'un deux alors que je pensais le mettre de côté.

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